Samedi 11 juin 2011 6 11 /06 /Juin /2011 02:30

Contraintes : Trajet de métro (20-25 minutes). Un vers à la fois. Aucun retour en arrière; aucune rature.




Moi je n’ai que les yeux crevés certains ont tout le corps malade
Mais là le gars dont je vais parler ça croyez-moi il est valable
Il sait jongler avec les mots comme certains jonglent avec des balles
Il sait jongler avec les mots jusqu’à ce qu’on crie que c’est de la balle
Il a son style à lui, rien de classique, tout est dans le rythme
Il se base sur sa vie, sur son tempo, et sur ses bics
Il a vécu assez, souvent même trop, diront certains
Et ça transparait dans ses mots, dans ses sujets, dans ses refrains
Si il écrivait sur papier, il serait publié depuis longtemps
Mais lui son trip c’est le parler, où il s’oublie par tous les temps
Il écrit comme on parle mais j’aimerais parler comme lui
Il a plus de musique en une phrase que toute la star academy
Il se fond dans les mots dans le tempo et dans le rythme
Jusqu’au fond des tombeaux de ses maux qui dedans l’habitent
Il ouvre son cœur avec sa bouche dans un éclair de génie
Lui qui a eu le corps ouvert par un éclair vers midi
Je vous mettrais bien des liens mais pour youtube ça passe mal
Youtube point com watch HX1… vous voyez c’est pas présentable
Je vais vous les laisser à la fin en espérant que vous cliquiez
Au pire je les mettrai pour rien, ça c’est à vous de décider
J’aurais pu faire une propa classique, peut être plus claire que celle-ci
J’ai pris l’occasion magnifique de prendre le style de ce génie
Si certains pensent que j’ai du style vous feriez mieux de l’écouter
À côté de lui je suis une quille il a de quoi émerveiller
Déjà ce gars il a une voix ce que moi je n’aurais jamais
Parce que bon entre toi et moi tu sais que nous on se verra jamais
Et même si tu me voyais un jour, je n’ai pas sa belle voix grave
Et moi l’écrit c’est plus mon tour, donc au fond ce n’est pas grave
J’aimerais te faire rêver, te faire envie, te faire t’envoler
En fait j’aimerais faire comme lui, en fait j’aimerais te faire cliquer
Ça va prendre 5 minutes de ta vie, si tu es déçu je te les rends
Le temps se partage entre amis, et j’en ai encore plein devant
Il est juste midi vingt pour moi, si certains captent la référence
Mais mon métro a fait son chemin et je dois tirer ma révérence
J’espère vous avoir fait envie, et pas trop avoir fait de saccades
Et je vous laisse avec un ami ; il s’appelle Grand Corps Malade

http://www.youtube.com/watch?v=hgliQZiUE9k
http://www.youtube.com/watch?v=M8NkhYXeFhs

 

(Disclaimer: Bon, ok, ces nouveaux albums sont un peu pourris, mais il reste qu'il sait naviguer dans les mots)

Par LYeN - Publié dans : Non classé
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Jeudi 24 juin 2010 4 24 /06 /Juin /2010 02:32

Bonjour nitoyens
(Oui je commence toujours mes propas par bonjour, parce que je suis quelqu’un de poli, et si vous n’en êtes pas aise, je vous saurais gré d’aller vous faire mettre par un gnou (s’il vous plait))

 

 

Vous vous rappelez surement, il y a quelques jours je vous avais fait une animation d’anagramme, née du fait que j’avais écrit un belle propa anagramme que j’avais par la suite perdu (ce qui paraissait presque impossible, vu ma perfection proverbiale).
Sauf que là (je sens que vous me voyez venir…), j’ai fait un grand nettoyage de mon appartement hier et (je vous jure que je l’avais vraiment perdue), et je me suis aperçu que (bon tu la chies ta merde?) bref je l’ai retrouvée.


Trajet Istanbul Antalya (aller)

Envies d’écrire
S’écrier d’envie
Se redeviner cri
Rêve, cris de rien
S’énerver d’ici
Se recrée divin
Cid en rêveries
Virée en cris de
Réicide envers
Le fait que l’avion se pose déjà…


Trajet Istanbul Antalya (retour)

Envies d’écrire
Désir encre vie
Cris en dérive
Viré en crise
Vise ce rire
Vire ce sir
Crève sir
S’écrire
S’écrie
Crise
Cris
Cri
Ri
*I*
.
.
.
Dis rien = crée-ve


Par LYeN - Publié dans : Oulipo
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Lundi 7 juin 2010 1 07 /06 /Juin /2010 02:29

Profiter du moment pour écrire ses mots
Tout mélanger, remélanger, remets l’ange et
Prendre avantage de l’instant tanné
Profiter de ses maux
De sa xylocéphalie
Tout dit c’est qu’est
Mort sot amorce haut
À mord seau
À morse eau
Retourner au sens
Pour gare d’ailés siens
Pour gare d’essais yeux
Pour gare dès sa neige
Confondant tous les degrés
Seul et c’est bercé par les mots
Seul et sans bernés par les sots
Espérant que quelqu’un entende
Ces mots écrits qu’on peut lire sans entendre
Ne lire qu’une fois, que ce que ils prétendent
Les voir mentir en se cachant entre eux
Laid, voir sang, laid, voir, juste les maux
Cacher le fond dans l’horreur
Cachée l’eau fond dans l’erreur
Derrière la neige de ses pupilles
Les chaires pupilles de la dame nation
De celle qui vous cloue au sol pour toujours
Pour vous en pêchés de tombe est trop haut
Houx de tombe est trop bas
Mais au moins voir le vrai
Mais au moins voir le pur
Mezzo moins voir le beau
Ou par hasard le bon heurt
Aux dés tour d’un trou
Trou vrai la rose
L’arroser à rosée
Pour changer des rossés
Pour changer d’héros c’est

Se libérer

Par LYeN - Publié dans : Oulipo
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Mardi 1 juin 2010 2 01 /06 /Juin /2010 02:27

 

I am grounded
Since I am a child, I am grounded.

 

 

J’adore ce mot anglais, “grounded”. Je suis “puni”, je suis “attaché au sol”, je suis “à la masse“. J’ai toujours eu un fil à la patte qui me ramenait à la réalité, au sol, au bas des choses, aux choses d’en bas. Je peux m’envoler aussi fort que je veux, je sais que je ne me perdrai jamais dans l’espace. Je peux rire aussi fort et d’autant de choses que je veux, je sais que je reviendrai toujours les voir à leurs vraies places. Je peux mourir et être mis six pieds sous terre, je sais que je remonterai toujours à mon sol de surface d’origine.

 

I am grounded, je suis puni oui. Je ne pourrai jamais être juste heureux et insouciant. Je ne pourrai jamais juste me foutre des autres. Je suis aussi condamné à voir l'absurde dans tout, puisque vu de la masse, de la prise de terre, tout retrouve sa vraie place, sa vraie insignifiance. Je peux m’envoler, et tout voir, et tout ramener ici pour voir de quoi ça a l’air. Je peux expérimenter et revenir partager. Je peux revenir. Je dois revenir. I am grounded.

 

Je ne sais pas ce que j’ai fait pour être grounded comme ça. Surement des conneries quand j’étais petit; on m’a envoyé dans ma chambre et on a oublié de me libérer. Maintenant je reste à la masse, avec ma prise de terre des hommes. Je suis condamné à rester dans ma chambre, à ne pas pouvoir me faire croire que j’ai Grandi, ou même qu’on peut Grandir. Je vois le monde mais vu du sol. Je vois la vie vue du sol. Je vois les souterrains vus du sol.


 

I’m grounded
Since I am child I am grounded
And since I am a child, it doesn’t matter
And since I am grounded I see its matter
From anyside, including the in and out ones,
I see the absurd, the nonsense, all its tones
I am grounded, and can fly any height without fear to fall
Fall away or below
Anyway I’ll be low
I belong to the ground
I’m grounded

Par LYeN - Publié dans : Fiertés
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Vendredi 28 mai 2010 5 28 /05 /Mai /2010 02:25

J’entends dire, ici ou là, « La Turquie, c’est nul ». Outre le manque de vocabulaire et d’argumentation assez flagrant de cette réplique, je ne peux que souligner le caractère erroné de cet énoncé vindicatif [2]. Ayant moi-même été en Turquie récemment, je vais vous expliquer de quoi il en retourne vraiment et rétablir la vérité, de façon somme toute délimère [3].

 

 

Urbanistiquement tout d’abord, le parc immobilier turc n’est composé, d’après mon expérience, que d’hôtels 5 étoiles, avec buffet et champagne à volonté, jacuzzi, piscine et plage. On est donc loin du paysage urbain minable que relatent certains. En Turquie, on vit dans des chambres qui se rangent et se lavent toutes seules tous les matins. En ouvrant la fenêtre de sa chambre, le turc a accès à une dizaine de piscines (serviettes fournies) et pourra s’il le souhaite aller rêvasser sur la plage, où poussent naturellement parasols, transats, cabines individuelles, et douches chaudes.

 

Les femmes turques sont divisées en deux catégories. Celle de moins de 25 ans sont toutes des beautés sculpturales célibataires qui parlent russe (mais pas turc), qui sourient, et qui ne portent (malgré les rumeurs) pas de voile. Ni de pantalon; ni de chandail; ni de T-shirt. On rappellera que la Turquie est un pays musulman modéré, où seul le port du mini-bikini semble obligatoire. Concernant les femmes turques de plus de 25 ans, elles ont automatiquement entre 40 et 50 ans, sont mariées, et pèsent entre 100 et 150 kilos. Bien qu’elles parlent toujours russe (et toujours pas turc), elles ne sont probablement plus croyantes puisqu’elles ne portent plus de bikini [4].

 

Pour les moyens de locomotion, les turcs ont des bus qui vont d’hôtel en hôtel, toutes les dans 5 minutes. Grâce à cette fréquence extraordinaire de toutes les dans 5 minutes, on aura la joie de pouvoir demander éternellement quand passe la navette, pour se faire répondre immanquablement qu’elle passera dans 5 minutes. On notera ici la qualité des agents d’accueil puisqu’ils n’ont même pas à consulter l’horaire, ni même une horloge, pour répondre. Je me permets de glisser ici une anecdote concernant un sport national turc que j’ai découvert malgré moi et qui est de parcourir 1 kilomètre en plein soleil et sur une route poussiéreuse, le tout en costume complet, et de supposer arriver tout beau et fleurant bon à sa conférence. Je ne suis bien sûr qu’un amateur à ce sport et n’ai jamais pu atteindre le temps de « 2 minutes » promis par le maître d’hôtel quand il nous a forcé à changer d’hôtel.

 

Fait important à noter, le fait de « réserver » une chambre d’hôtel est à prendre à titre indicatif au plus. Au mieux, ils trouveront 1 réservation sur 2, au pire ils trouveront votre réservation mais au lieu d’avoir réservé 3 chambres, ils auront réservé 1 chambre pour 3 et vous proposeront gentiment de dormir avec votre directeur de thèse et sa fille [4,1]. Malgré ces légers désagréments, la Turquie est un pays que je recommande à tous. Je conseille par contre de rester dans les grandes villes comme Antalya, et de ne pas aller dans des places de seconde zone comme Istanbul, où les gens ne parlent même pas russe et où les hôtels sont miteux (malgré les téléviseurs à technologie 3D (30 cm X 30 cm X 30 cm), et des mécanismes ingénieux d’économie d’énergie consistant à réduire de moitié le débit d’eau chaude de la douche toutes les 3 secondes, le débit d’eau froide restant bien sûr constant).

 

 

 

[1] Oui je sais, j’utilise une balise morte, mais toutes les balises le sont, et puis je l’aime cette balise, c’est mon côté romantique (ou nécrophile, je sais plus).

 

[2] Pour les ignorants parmi vous, vindicatif signifie : qui vindicate.

 

[3] Pour les ignorants parmi vous, délimère signifie : rien.

 

[4] Au sens qu’elles portent des vrais vêtements, ne soyez pas sots.

 

[4,1] Sa fille (de 40 ans n’allez rien imaginer) s’appelle Dana. Comme Dana Carvey le gars qui jouait Gart dans Wayne’s World. C’est pas mégateuf ça? [4,2]

 

[4,2] Hé hé, d’ailleurs elle est roumaine et vous savez comment on dit mégateuf en roumain? Io nou tchiou!

Par LYeN - Publié dans : R42 et autres inepties
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Mercredi 26 mai 2010 3 26 /05 /Mai /2010 02:24

Il est un temps où la technologie prend tellement de places que nous ne la voyons plus autour de nous. Il est un temps où les machines nous entourent, nous transportent, nous enferment. Et quand ces machines viennent à faillir, beaucoup se laissent faire, passifs et silencieux face à des bouts de métal froids et hideux.

Puis vint Lisbeth, dont je vais vous compter l’histoire à présent. Lisbeth qu’on appellera plus tard, dans les livres d’histoires, « Celle qui a pourfendu le métro ».

Le jour où tout cela arriva, Lisbeth semblait semblable à tous les autres, à vous comme à moi. Rien ne la différenciait de l’extérieur à part peut-être une légère lueur, insaisissable, dans son regard. Bien sûr, elle portait en elle toute la force de ses ancêtres pourfendeurs, mais cette force n’avait pas encore éclose.

Quand le métro, le même qu’elle prenait pourtant tous les jours, s’arrêta, sans raison, au milieu de la voie, aucun des autres passagers ne bougea. Pendant un instant, elle-même ne bougea pas. Puis elle se leva, elle se leva pour la première fois de toute sa longueur, se mit debout plus droite que jamais, plus grande que ce que jamais ses jambes n’arriveraient à expliquer. Elle se leva bien plus que de sa grandeur, elle se leva de la grandeur d’une armée.

Le métro frémit et les lumières s’éteignirent dans la rame. Il avait compris.

Lisbeth ouvrit les portes et sortit, et harangua la machine. Ce qui se dit ne peut être retranscrit avec certitude, tous les passagers ayant entendu une chose différente, certains même dans des langues différentes. Ils se rappellent tous par contre du sens des mots, celui du combat de l’Homme, pour son honneur d’être Homme. Nul de peur dans ce discours, ni de doute, ni de vœu de fuir le combat. Le combat allait être et allait être jusqu’au bout, de l’un ou de de l’autre des participants.
Le métro donna le premier coup.

Une cruelle balafre apparut sur le cou et l’épaule de Lisbeth, mais celle-ci ne broncha pas. Son regard s’éclaircit, elle sourit, prit sa respiration, et tendit ses muscles.

Sa détente, et tout ce qui s’en suivit, fut épique. Le premier coup ne suffit pas, ni pour elle ni pour la machine; pas plus que le deuxième; ou même le vingtième. Lisbeth et la machine tourbillonnèrent pendant des heures, en un bruit tonitruant d’os et de métal. La trame de la réalité biologique se déchirait à la même mesure que la rame du métro. Lisbeth aurait dû tomber mille fois, être mille fois plus faible que la machine, mais elle faisait face à elle comme un égal, comme un pair. Les coups portés, à défaut d’être supportés par ses muscles, était supportés par toute la force de ses ancêtres. Tout l’Homme vibrait dans ce combat, où les os et le métal pliaient, mais survivaient.


À un instant donné, une fenêtre de la rame de métro brisa, la dernière. Il y eut un grand silence. Lisbeth sourit, elle avait gagné. Une explosion immense souffla ensuite tout le tunnel; le lendemain on ne retrouva rien.


Certains disent qu’elle est morte, qu’elle serait morte de toute façon dû à ses blessures. Certains disent qu’elle est toujours là, quelque part. Ceux qui en ont réchappés s’en soucient peu, le souvenir restera vivant en eux. Le souvenir de Lisbeth, la pourfendeuse de métro.

Par LYeN - Publié dans : Styles et emprunts
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Dimanche 23 mai 2010 7 23 /05 /Mai /2010 02:19

Bonjour les enfants
(là vous etes supposes répondre “bonjour maitre LYeN”, “Bonjour maman LYeN”, ou au minimum “bonjour LYeN, comment ça va bien ? la femme, le chien, les enfants, le inch’allah tout ça ? ”)

 

 

La leçon d’aujourd’hui, dans notre grande épopée de l’écriture non-sens, se poursuivra sur une étude de cas assez simple, avec 4,2 façons d’écrire. Nous classifierons ces 4 styles d’écritures par :
1) le style inexistant (ou style témoin)
2) le style qui essaie mais qui est pas drôle
3) le style R42
4) le style Oulipo
4,2) le style tiré d’un article au hasard sur wikipedia


Le texte à écrire aujourd’hui est le suivant :
suspense insoutenable, musique qui fait vibrer, attente fébrile de la foule

Ce matin, j’ai mangé une pomme.

fin du suspense, foule hystérique, des femmes qui s’évanouissent sur place, d’autres qui accouchent sous le coup de l’émotion, certaines même qui tombent enceintes instantanément


 

 

Prenons le texte étape par étape, et voyons comment l’agrémenter :

 

 

Ce matin

 

 

1) « Ce matin »
Narrativement correct, mais peu intéressant.

2) « Ce matin (un lapin a tué un chasseur) »
Exemple typique de la blague qui se veut drôle mais qui est bien trop premier degré pour être non-sens. Le but est de faire rire mais la seule chose risible est cette vaine tentative d’humour. Bref de la merde

3) « Ce matin (et là vous vous attendez à ce que je fasse une blague sur un lapin qui prétendument tue des chasseurs. Je me vois dans l’obligation de vous décevoir chers amis ; d’une part parce que je n’ai jamais eu de preuves de l’existence du dit lapin, mais surtout parce que je refuse de collaborer à une propagande meurtrière qui, sous le couvert d’une musique niaise et d’un personnage animal au demeurant charismatique, prône la liberté de port d’armes et le meurtre, voire le génocide culturel d’une sous-classe professionnelle mal-aimée mais essentielle à notre diversité alimentaire. Dont acte.) »
Exemple typique d’un retournement de situation, de troisième degré (réagir à ce que le lecteur n’a pas encore dit), avec au passage une lancée de débat qui pourra donner lieu à foule de répliques. Bref du truc bien.

4) « Ce matin, mess atteint, mes satins, ça m’éteint »
Style Oulipo, simple mais efficace, avec une touche poétique à la fin qui ouvre vers un texte plus sentimental.

4,2) «Ce matin, Futura était une revue de bandes dessinées de « petit format » (13 x 18 cm) plus ou moins apparentée aux comics. »


 

j’ai

 

 

1) « j’ai »
Syntaxiquement correct, mais on n’avance pas beaucoup.

2) « j’ai (comme le docteur) »
Exemple typique d’un passage forcé d’une référence (personne ou mythologie) à R42. Bien qu’à la base ça pourrait être bien, au final il apparait trop évident que c’est forcé, et on en perd un peu le non-sens. En général, ça finit en private joke entre l’auteur et lui-même, et donc ça casse pas des briques sur les trois pattes d’un canard qui pisse pas loin.

3) « j’ai Aviernoz est une commune française, située dans le département de la (ah non merde l’article aléatoire c’est pas encore là, moi je suis juste le trois, j’ai 1,2 d’avance.. heu ben excusez-moi alors) »
Exemple typique du retournement interne de la situation, qui pousse le degré un peu plus loin, et surprend encore plus le lecteur. Ca peut paraître tiré de loin, mais c’est le but ; on rappellera le mot d’ordre du non-sens : si c’est pas trop, c’est probablement pas assez.

4) « j’ai, geais, noir de geais, reine de joie, neige de roi »
À nouveau, style simple mais efficace, concis mais qui crée un univers propre, dont on pourrait facilement créer un texte plus long.

4,2) « j’ai Aviernoz est une commune française, située dans le département de la Haute-Savoie, dans la région Rhône-Alpes. »

 

 

 

mangé

 


1) « mangé »
On avance on avance

2) « mangé (ta chatte) »
Exemple typique de l’auteur qui ne sait faire passer un texte que sous le trait faussement drôle de la vulgarité. Pas non-sens, pas drôle, pas bon.

3) « mangé (ta chatte, mais c’est pas ma faute, elle est arrivé là sans faire un miaulement, et puis c’était le matin j’étais pas bien réveillé, tu sais comment je suis le matin, je veux dire au début elle était pas là, je me pose une tranche de pain sur la table, je me retourne pour prendre ma tasse de café, je me reretourne vers la table, là elle avait dû se glisser sur ma tranche de pain entre deux, et résultat ben je tartine du beurre et de la confiture, et après je la mange, mais je veux dire c’était par inadvertance, ça peut arriver à tout le monde, enfin bref, est-ce que tu as joui quand même mon amour ? »
Exemple typique de … heu exemple pas vraiment typique en fait. Et je suis pas sûr non plus d’à quel degré il faut lire ce texte, ni s’il est très prudent de parler de retournement. Passons.

4) « mangé, démangé, dérangé, des rangs laids, descends-les, démens-les, démembrés »
Approximo-poésie un peu macabre mais assez puissante, en progression simple, avec une certaine poésie et un champ lexical constant.

4,2) « mangé Leroy & Stitch le 101e long-métrage d'animation des studios Disney. »

 

 

 

une pomme.

 

 

1) « une pomme. »
Enfin, on est arrivé. Et mon dieu on est beaucoup plus avancé maintenant là non ?

2) « une pomme (de douche ?) »
Exemple typique de l’auteur qui cherche à être non-sens en écrivant des choses qui n’ont aucun sens, mais ce n‘est pas comme ça que ça marche. Le non-sens ce n’est pas dire n’importe quoi, c’est bien au-delà. On notera d’ailleurs que l’auteur utilise le point d’interrogation, il n’est même pas sûr de sa blague, il y va à moitié, et en non-sens il n’y a pas de demi-mesure (les demi-mesures, ça sonne tout croche) (ce jeu de mots vous était offert par ma formidable fiancée, musicienne de son état).

3) « une pomme.
(quoi ? Je suis obligé de mettre une remarque à chaque fois ? vous pouvez pas rester 30 secondes sans rire, vous croyez que c’est le fast-food de la blague ici ? que c’est facile de trouver quelque chose tous les 2 mots ? putain j’en ai marre je rentre chez moi si c’est pour être traité comme ça. Salut) »
Exemple typique du gars qui craque parce que c’est la fin de son texte et qu’il ne sait plus quoi dire, ça lui donne aussi une manière conclure, tout bénéf quoi.

4) « une pomme, paumée par ici, tombée dans les pommes, tombée dans les paumes, tombé dans les hommes, tombée dans les psaumes »
Style libre et léger pour finir le texte.

4,2) « une pomme est une coalition d'organisations palestiniennes formée peu de temps après le déclenchement de la seconde Intifada, mené par Marwan Barghouti avec l'accord de Yasser Arafat. »



 

 

Fin de la leçon, à vous d‘écrire maintenant, vous savez tout ce qu’il y a à savoir!

Par LYeN - Publié dans : Styles et emprunts
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Samedi 24 avril 2010 6 24 /04 /Avr /2010 02:07

 

Je ne vais rien vous apprendre en disant ça, la vie est un endroit rempli de dangers et de mésaventures. Partons où nous rions et quoi qu’on y fasse, il y aura toujours quelqu’un pour nous critiquer, nous diminuer, ou nous mépriser. Parfois, dans les journées les plus dures, quelqu’un ira même jusqu’à nous complimenter, en traitre, sans que nous ayons quoi que ce soit pour nous défendre. Et puis il y a pire. Parfois quelqu’un peut pousser le vice jusqu’à, sans coup de semonce, sans préliminaire, avec la fulgurance d’un coup de pelle dans la tête, nous dire qu’il nous aime.
C’est sur comment réagir à ce genre de situations que va se porter le texte d’aujourd’hui.

 

 

Prenons une situation banale, vous êtes chez vous, tranquille, selon toute vraisemblance en sécurité, en train de vaquer à vos occupations sur internet. Soudain, vous recevez un mail de votre père; jusque là rien d’anormal. En fait, si, de l’anormal, votre père déteste les mails, ou msn, ou même le téléphone, déjà recevoir un mail de lui c’est un peu flippant. Passant cela cependant, vous ouvrez le mail, et vous vous prenez un coup de pelle en pleine tête.
Les mots sont là, et ils tambourinent, et ils burinent tant, ils prennent à cœur de planter le vôtre, ils frappent par un endroit où personne ne frappe d’habitude, et qui n’est protégé en rien, se retrouve projeté en rien, en particules concassées, en parties qu’on a cassées. Votre père vous dit qu’il vous aime. Que vous êtes un bon fils et qu’il n’est pas doué pour le dire (ce qui explique le fait qu’il ne l’ait pour ainsi dire jamais fait), mais qu’il vous aime…

 

Voilà comment réagir.
 

 

 

Méthode 1 : Lui répondre directement ce que vous avez sur le cœur.
Avantage : C’est sincère et honnête.
Inconvénient : Ce n’est probablement pas ce qu’il s’attend à entendre (ni ce que vous avez envie de lui dire en fait).
Illustration : « Mais… Mais… Mais ta gueule!... Je… Ta gueule!... Merde, je… Tu… Franchement… Tu te crois où là? On a des manières de faire, des règles, quelque chose merde. Ça se fait pas des trucs comme ça, préviens avant. Putain, merde, putain. »

 

 

 

Méthode 2 : Lui rendre la pareille. C'est-à-dire lui faire une belle déclaration d’amour à lui aussi, en attendant quelques dizaines d’années pour ça.
Avantage : Cela vous permettra de bien réfléchir à votre réponse.
Inconvénient : Il est possible qu’il soit mort au moment où il recevra le message.
Avantage : Auquel cas il n’aura pas, lui, à se casser la tête pour savoir comment réagir.

 

 

 

Méthode 3 : Manger une quiche lorraine.
Avantage : Une quiche lorraine, c’est drôlement bon, c’est un repas à elle-seule, c’est pas trop gras, ça se prépare ou s’achète facilement, et reste assez léger sur l’estomac. De plus, ça vous rappelle votre pays natal, ça distrait vos sens vers vos papilles et votre estomac, et au global c’est drôlement agréable.
Inconvénient : Aucun rapport avec le problème posé.

 

 

 

Méthode 4 : Répondre « ok, lol !»
Illustration : « ok, lol ! »
Avantage : Il ne dira probablement plus jamais qu’il vous aime.
Inconvénient : Il pourrait en fait quand même continuer à vous aimer après ça, vous serez juste passé pour un gros connard insensible.

 

 

 

Méthode 4,2 : Lire et relire le message, prendre le temps et le courage de l’apprécier, et essayer de lui répondre à froid et sincèrement.
Avantage : être sérieux un peu, car c’est votre père et vous l’aimez aussi, même si vous êtes presque aussi mauvais que lui pour le dire.
Inconvénient : Si vous trouvez au final le texte pas assez bien pour lui, vous allez encore devoir polluer un blog avec le texte…

Par LYeN - Publié dans : Fiertés
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Jeudi 25 mars 2010 4 25 /03 /Mars /2010 02:05

Bonjour

 


Aujourd’hui, une fois n’est pas coutume (et si l’équipe éditoriale me le permet) j’aimerais parler d’un sujet important: l’automutilation. Certains d’entre vous le savent peut-être déjà [1], l’automutilation est un sujet qui me touche, et je suis même modérateur sur un forum dédié à ce problème. Je vais essayer de vous exposer ici les vrais enjeux, causes, et idées reçues à ce sujet.


Alors, l’automutilation, qu’est-ce que c’est ? Plusieurs définitions peuvent être trouvées, dont certaines assez extravagantes ou méprisantes. En un mot, l’automutilation est l’acte de couper, frapper, bruler, ou altérer physiquement de quelque manière que ce soit la carrosserie d’une automobile. L’automutilation implique donc tant le rayage de portière que le coup de pioche dans le pare-brise [2]. Il est important de noter que l’automutilation est avant tout un moyen d’exprimer quelque chose, par exemple que tu as couché avec ma sœur et que tu es un salaud, ou que ça t’apprendra à te garer sur deux places en même temps connard et en plus t’as un hummer alors que ça pollue et tu te crois mieux que moi peut-être.

 

 

D’un point de vue sociologique, L’automutilation (AM) est principalement pratiquée par des jeunes, encore que des adultes puissent également en être atteints. D’aucun prétendent que la violence des jeux vidéos serait responsable de cette réaction violente dans la vie réelle. Des jeux tels que Grand Œuf Toto par exemple, où on incarne un bandit sans foi ni loi, font peu de cas des véhicules puisqu’il suffit de braquer quelqu’un as la rue pour lui voler le sien. Cette violence automobile est en fait présente dès le début des jeux vidéos. Qui ne souvient pas de Ryu cassant une voiture à mains nues [3] dans Street Fighter 2 ? On peut donc ainsi avec certitude relier le fait qu’un enfant joue aux jeux vidéos à des perspectives d’avenir automutilatoires (voire même, dieu nous en préserve, d’avenir de rôliste [4].) Il est à noter de toute façon que la volonté d’automutilation vient rarement seule, mais est souvent associée à d’autres troubles tels que TCA (Tagage de Capot Automobile), TS (Tuning Sauvage), et qu’elle peut elle-même être due à des antécédents d’ASX (Accident Sur Xylophone [5]).


Il est important de ne pas confondre l’automutilation avec l’autoscarification. Le mot consacré pour décrire ce phénomène est « tuning ». Bien que les résultats visibles soient souvent les mêmes [6], l’autoscarification est à but purement esthétique, et non mental, et est donc radicalement différente de l’AM. On distinguera l’autoscarification dure (posage de néons et de pots d’échappements supplémentaires) de l’automutilation à durée de vie limitée (posage d’ailerons en bois [7], finition au plâtre, et parpaing dans le coffre pour abaisser la suspension [8]). Nous ne nous étendrons pas plus sur ce sujet, pourtant oh combien prolifique, mais qui n’est, justement, pas le sujet.

 

En réalité, l’automutilation est couramment confondue avec nombres d’autres choses ou préjugés. On citera par exemple l’Otto-mutilation – qui est le fait de frapper le conducteur hippie du bus scolaire. On veillera également à ne pas confondre l’automutilation avec le loto-mutilation, jeu ô combien plus divertissant qui consiste à demander à un enfant palestinien de faire la roue dans un champ de mines, et de parier sur quel membre sautera en premier. Finalement, l’automutilation ne doit pas non plus être confondu avec le phénomène (plus rare) de l’automutation. Ce dernier phénomène a atteint une certaine notoriété grâce à *Power Rangers Turbo*, où les Power Rangers pouvaient se transmutationer en véhicules. On notera aussi que c’est dans cette saison de Power Rangers qu’il y a un enfant de 8 ans qui traîne avec les autres Power Rangers dans la vingtaine, qui va à l’université avec eux, et qui mesure 80 cm mais grandit de 1 mètre quand il se transforme en Power Ranger, comme quoi l’histoire de la soupe c’est des conneries, il suffit de devenir un Power Ranger. Pour information, et bien que cela n’a absolument rien à voir avec cette propa, le solo de guitare du générique de Power Rangers a été reconnu par les Inrock comme un des 100 meilleurs solos de guitare de tous les temps [9].

 

 

Quand on vous dit que la vie est absurde.




[1] Ceux qui lisent ma fiche par exemple.


[2] http://img714.imageshack.us/img714/4852/129101486511436722.jpg

 

[3] Et pourtant non floutées à l’écran, ce qui était rare à l’époque sur une console nipponne.

 

[4] Qui lui-même comme chacun sait mène à la nécrophilie, voire même pire : la nécrophilie prémaritale.

 

[5] Les ASX sont un maux dont peu de gens osent parler, mais qui sont beaucoup moins rares qu’on le pense. Les conséquences psychologiques sur la victime sont en général dramatiques, et certaines peuvent avoir des crises de catatonie où elles ne peuvent que répéter « Il est arrivé de nulle part, j’ai pas pu l’éviter… Je l’entends encore qui carillonne et qui carillonne…». Triste n’est-ce pas ?

 

[6] donnant envie de détourner le regard et de demander si vous avez déjà pensé à consulter.

 

[7] http://img714.imageshack.us/img714/3121/tuningenboisaileron.jpg

 

[8] Vu dans la banlieue d’Abbeville, ville pourrie de la Picardie, région déjà elle-même passablement pourrie.

 

[9] http://www.youtube.com/watch?v=UgQhyquS9Ms pour le plaisir.

Par LYeN - Publié dans : R42 et autres inepties
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Samedi 20 mars 2010 6 20 /03 /Mars /2010 01:55

Note préliminaire: Cette propa a été largement inspirée par la drolyssime miss droLyM.



Bonjour les amis [Salut]

 

 

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un problème ô combien difficile, celui de finir une phrase. Bien que cette tâche puisse paraître simple {stoi qu’es simple} [Mais tais-toi] elle peut parfois s’avérer très difficile [En plus t’as même pas dit bonjour] {Fayot}. Parfois, pour certaines personnes [Ben quoi ? c’est bon les fayots] le fait de terminer une phrase {Hé péteux ! péteux ! péteux ! péteux !} frôle l’impossible. Construire la moindre pensée [Hein ? Comment tu veux construire une fleur ?] peut relever de l’exploit {Ouais il a raison, comment tu construis une fleur ?}. De nombreuses études de cas ont d’ailleurs {Etude de cacas tralala !} prouvé que [Hein? Comment tu veux étudier une lettre ?]… Oh merde, mais c’est pas un peu fini vos conneries !? [Oups] Vous pouvez pas me laisser tranquille deux secondes et me laisser le temps de terminer ne serait-ce qu’une {Phrase. Haha !}

 


Si vous continuez je vous jure que [Hé en plus on t’avait laissé terminer une phrase au début] {Ah ouais il a raison} [La toute première même, vérifie si tu me crois pas] {Ouais hein, vérifie, vérifie} [Oh tais-toi toi] {C’est toi tais-toi} [Mais non c’est toi c’est toi tais-toi, pue du gnou va] {C’est toi le gnou} MEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEERDE!
MAIS VOUS ALLEZ FERMER VOS MOUILLES ????

 

 

[…]

 

{…}

 

 

Donc. […]{…} Je disais. […]{…} Que de nombreuses études. […]{…} De cas. […]{…} Avaient été effectuées et [‘’fermer vos mouilles’’c’est pas tiré d’un vieil épisode de Kaamelott ça ?] RHAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA [Oups] AAAAAAAAAAAAAA {Il craque là} AAAAAAAAAAAAAAAAA [Ben pourtant on n’a rien fait] AAAAAAAAAAAAAAAA {Bah tu sais à son âge…} AAAAAAAAAAAAAAAA [Ca doit être le stress des exams ?]  AAAAAAAAAAAAAAAAAA [En plus il fait mal aux oreilles ce con] AAAAAAAAAAAAAAAAA  {Hé ta gueule!}  AAAAAAAAAAAAAAAAA [Heu monsieur ?] AAAAAAAAAAAAA [Ouais heu, ta gueule monsieur} AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA AAAAAAAAAAAAA AAAAA AA A

*{Il dit plus rien, tu crois qu’il est mort ?} [Ben s’il était mort on le serait aussi non?] {Ben je sais} Tu pues {Pas trop} [Hein ?] {Quoi ?} [Rien, pendant un moment] Oh le petit à sa moman [J’ai cru que… heu c'est moi ou il] Me coupe à chaque fois que je parle. {Haha, trop drôle, je suis} Un blaireau {Hein ?} [Mais] {Mais} [Il nous empêche de] Finir vos phrases ? C'est chiant hein ? C’est chiant hein ? Mouhahahahahaha. MOUHAHAHAHAHAHAHAHA.
MOUHAHAHAHAHAHAHAHA!

 

 

 

Ainsi s’achève notre exposé d’aujourd’hui [gâcheur de fun] Merci de votre attention {à la marche, ptdr}

Par LYeN - Publié dans : Styles et emprunts
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